La facture énergétique moyenne d’une ferme atteint 38 000 euros
À l’occasion du Salon international de l’agriculture (Sia), le premier baromètre du bilan énergétique des fermes françaises a été révélé. Depuis 2025, le programme Fabacéé a analysé la consommation d’énergie de près de 1 000 fermes.
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331 420 kWh par an, pour une facture énergétique annuelle moyenne de 38 000 euros, soit 20 % du chiffre d’affaires moyen d’une exploitation agricole. C’est ce qu’une ferme consomme comme énergie en moyenne en France sur une année. Affecté à l’accompagnement énergétique des exploitations agricoles françaises, le programme « Fabacéé » a profité du Salon international de l’agriculture (Sia) le lundi 23 février 2026, pour sortir son premier baromètre du bilan énergétique.
« L’énergie représente un enjeu d’indépendance, d’autonomie et de résilience »
Ce travail, conduit auprès de 1 000 exploitations parmi les 3 000 ayant rejoint le programme en 2025, présente une analyse de leurs consommations d’énergie directe et indirecte, des dépenses engagées par les agriculteurs et des leviers d’économies identifiés à l’échelle des exploitations. Cette étude est segmentée en trois secteurs : les grandes cultures, l’élevage de bovins laitiers et la viticulture.
Dans l’ensemble, la consommation d’une ferme est comparable à la consommation d’électricité annuelle d’environ 70 foyers français. Elle est répartie sur des besoins allant des carburants aux intrants agricoles, en passant par l’alimentation du bétail pour l’élevage. Selon l’Ademe, la consommation d’énergie finale de l’agriculture représente 3 % de la consommation totale d’énergie en France, soit une facture énergétique d’environ 3,2 milliards d’euros.
« L’énergie représente un enjeu d’indépendance, d’autonomie et de résilience », insiste Romain Behaghel, directeur du programme Fabacéé. D’ici à 2027, la structure envisage de « réduire de 15 % la consommation énergétique des exploitations agricoles ».
L’énergie, un poste de dépense conséquent
Selon les types d’exploitation, l’étude met en avant d’importantes différences. Les fermes de grandes cultures consomment en moyenne 780 000 kWh sur une année. C’est deux fois plus que les élevages laitiers et leurs 350 000 kWh/an. Logiquement, les budgets énergétiques suivent la même tendance, avec une dépense annuelle estimée à 65 130 € pour les grandes cultures et 38 500 € pour les exploitations laitières.
Parmi les principaux postes de consommation des grandes cultures, la filière la plus gourmande en énergie, 23 % sont alloués aux GNR (gazole non routier) et autres carburants tandis que 50 % sont dus à l’utilisation d’engrais. Le GNR employé pour la motorisation des engins agricoles représente une part particulièrement importante dans les grandes cultures et la viticulture.
De leur côté, les engrais consomment une énergie considérable du fait de leur production industrielle, figurant parmi les postes les plus lourds, toutes filières confondues. De plus, ces produits ont vu leur prix augmenter ces dernières années en raison de la guerre en Ukraine. Dans les élevages de bovins laitiers, l’alimentation du bétail et l’électricité, notamment pour la traite, utilisent une quantité conséquente d’énergie.
Plus de sobriété énergétique pour faire des économies
À l’issue de plus d’un an d’échanges, plusieurs leviers concrets ont été identifiés afin d’épauler les agriculteurs vers « une meilleure rentabilité ». Parmi eux, il y a notamment l’écoconduite, la réalisation de bancs d’essais moteur ou encore l’optimisation des itinéraires techniques (réduction du travail du sol, stratégie des passages de machine), soit 45 à 75 % du potentiel de réduction sur le GNR.
« Ça paraît tout bête mais en adoptant l’écoconduite, un agriculteur peut économiser jusqu’à 1 500 euros par an », commente le directeur du programme Fabacéé. Par ailleurs, la meilleure gestion des engrais, via des outils d’aide à la décision peut permettre une réduction de 20 à 40 % en termes de consommation d’énergie.
Avec ce genre de solutions, l’objectif de Romain Behaghel est clair : « Tendre vers plus de sobriété énergétique pour faire des économies directes visibles sur son chiffre d’affaires ».
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